Pandémie et crise écologique #2

Loin de tout catastrophisme, la crise sanitaire montre la résilience de notre société. Elle doit nous inciter aussi à investir davantage dans l’hôpital public, à retrouver une forme d’indépendance industrielle et à favoriser les produits agricoles français.

candidat en marche Saint Maur des fossés election 2020

suite de l’article paru le 14 avril

  1. Loin de tout catastrophisme, la crise sanitaire montre la résilience de notre société. Elle doit nous inciter aussi à investir davantage dans l’hôpital public, à retrouver une forme d’indépendance industrielle et à favoriser les produits agricoles français.

En réalité, en matière de crise écologique, c’est surtout un lien inconscient que l’on fait : ce qui unit la crise sanitaire actuelle et la crise écologique dans nos esprits, c’est le sentiment de la catastrophe. Certains de nos concitoyens voient dans le blocage actuel de notre société une préfiguration de ce qui se produirait face aux conséquences de la crise écologique, jusqu’à provoquer l’effondrement de nos sociétés, comme l’expliquent les théoriciens de la collapsologie.

Notre société est-elle en train de s’effondrer ? Non ! bien au contraire. Pour préserver des vies humaines, nos sociétés ont choisi de mettre l’économie au ralenti.

Cet épisode montre la résilience de notre société. Elle montre aussi notre capacité à faire des choix collectifs et individuels forts face à la menace.

Les Français, et les Saint-Mauriens en particulier, font preuve de beaucoup de civisme, en respectant dans leur grande majorité les restrictions à la liberté de circuler et les mesures barrières.

En dépit de la crise dans laquelle il était plongé au moment où l’épidémie a atteint la France, l’hôpital public a tenu et a su se réorganiser dans l’urgence, grâce au dévouement admirable des soignants et de tous les personnels qui contribuent à son fonctionnement. Sans oublier bien sûr le rôle de la médecine de ville, en amont, qui a pris en charge de nombreux patients atteints du Covid-19.

Les exploitations agricoles et les chaînes logistiques et d’approvisionnement continuent de fonctionner, là encore grâce au dévouement de nombreux professionnels : agriculteurs, routiers, employés des magasins et grandes surfaces. De nombreux Français se sont aussi portés volontaires pour aider nos agriculteurs. Les grandes surfaces de leur côté privilégient les produits français.

Le pays continue à fonctionner, au ralenti. Ce à quoi nous assistons, ce n’est pas à un effondrement, c’est à une extraordinaire discipline de groupe pour lutter contre un phénomène dont nous avions oublié à quel point il pouvait nous affecter.

La crise sanitaire nous prouve que nous avons la capacité collective de prendre des mesures fortes aussi pour lutter contre la crise écologique.

Le coronavirus nous rappelle enfin à quelques vérités, que nous avions parfois oubliées, là encore. C’est une prise de conscience, qui nous invite plus que jamais à revoir certaines priorités politiques et à corriger les excès de la mondialisation.

La préservation de notre système de soins est essentielle, et il faut investir davantage dans l’hôpital public.

Les circuits courts doivent être très fortement développés dans l’alimentation.

Il faut retrouver une souveraineté industrielle dans des secteurs stratégiques, comme la santé, en relocalisant en France et en Europe des activités de production.

  1. Le lien pour nous le plus direct entre la crise sanitaire et la crise écologique est de deux ordres : le confinement montre l’ampleur des efforts à fournir en matière de réduction des pollutions atmosphériques, et les éventuels plans de relance consécutifs à la crise devront mettre au centre la transition écologique.

A. Le lien entre le coronavirus et la crise écologique a trait d’abord pour nous à la pollution atmosphérique.

Selon certains scientifiques, celle-ci pourrait faciliter la fixation du coronavirus dans les poumons.

C’est bien connu, l’air de nos grandes métropoles est très pollué. La pollution atmosphérique aux particules fines et au dioxyde d’azote (NO2), rejetés notamment par les moteurs diesels, est responsable de 7 000 décès prématurés en Île-de-France. La France ne respecte pas les normes européennes en la matière[1]. Une commission d’enquête du Sénat estimait en 2015 que le coût de la pollution de l’air en France pouvait aller de 68 à 97 milliards € par an[2].

De plus, la circulation automobile, et plus largement les activités humaines, génèrent du dioxyde de carbone (CO2), responsable du réchauffement climatique, dont les effets se font sentir de plus en plus concrètement : les écoles de Saint-Maur ont dû être fermées lors d’un pic de chaleur fin juin 2019, et lors d’un second, le 23 juillet 2019, la ville a été la plus chaude de France, avec 43,6°C.

Or le confinement, en faisant diminuer dans de très fortes proportions la circulation automobile, entre autres, et de façon moins importante l’activité industrielle, a entraîné une baisse de la pollution de l’air de 30% en Île-de-France entre le 17 et le 19 mars[3]. Dans les 100 plus grandes villes françaises, la pollution au dioxyde d’azote a été divisée par deux, et la pollution aux particules fines a également diminué, dans une moindre mesure[4] – car ces dernières proviennent aussi d’autres sources : agriculture et chauffage résidentiel.

Il est impressionnant de constater, matérialisée sur des cartes, la différence de pollution atmosphérique avant et après le confinement.

Source : Airparif. Voir https://www.airparif.asso.fr/_pdf/publications/communique_presse_evaluation-impact-confinement-sur-air_21042020.pdf

Cette situation exceptionnelle montre deux choses. D’abord le fait que la voiture représente un aspect important du problème, même si elle n’est pas le seul. Ensuite l’ampleur des efforts à réaliser en terme de renouvellement du parc automobile, d’innovation technologique et surtout d’évolution de nos comportements.

C’est pourquoi, notamment, à Saint-Maur-des-Fossés, je propose de favoriser le véhicule électrique et de mettre en place un service de navette électrique, de réaliser de véritables pistes cyclables et d’intégrer la Zone à faibles émissions du Grand Paris.

B. L’autre lien entre la pandémie de Covid-19 et la crise écologique réside dans la capacité que nos décideurs auront à orienter résolument les plans de relance vers la transition écologique.

C’est le lien qu’ont perçu entre autres les citoyens de la Convention citoyenne pour le climat, décidée par le Président de la République en avril 2019, en remettant à ce dernier, jeudi 9 avril, une première série de 50 propositions[5].

Le véritable lien ne réside pas dans l’effondrement fantasmé, mais dans notre capacité à prendre en compte les enjeux écologiques dans la reconstruction du modèle économique qui suivra la crise.

De nombreux pays, notamment au sein de l’Union européenne, appellent à la mise en place de plans de relance ambitieux pour faire repartir l’activité après la grave crise que nous traversons. Le confinement entraîne la mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie. C’est une crise sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale.

Il sera essentiel que ces plans de relance reposent sur des actions fortes en faveur de la transition écologique, et non pas seulement sur les recettes traditionnelles, qui se traduisent par une augmentation de la consommation d’énergies fossiles.

Le Président de la République a comparé la lutte contre la pandémie de coronavirus à une guerre. Pour limiter les effets de la crise écologique, selon le vœu de Michel Serres dans Le Contrat naturel, c’est une paix qu’il nous faudra signer : une paix avec la planète.

[1] Directive 2008/50/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2008 concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe.

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32008L0050

[2]http://www.senat.fr/commission/enquete/cout_economique_et_financier_de_la_pollution_de_lair.html#c614076

[3] http://www.airparif.asso.fr/actualite/detail/id/280

[4]https://www.ineris.fr/fr/ineris/actualites/confinement-environnement-nouvel-outil-visualiser-quotidiennement-effets

[5] https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr

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